Cortina : Chalet Chic

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La station de montagne la plus élégante d’Italie se prépare aux Jeux olympiques d’hiver. Plongée dans ce village charmant des Dolomites, et quelques idées de mobilier pour les plus beaux chalets.

Cortina d’Ampezzo a toujours été un lieu où l’esprit de compétition et la grâce évoluent sur la même scène. Les pistes sont bien réelles, sinueuses et très techniques, elles se dessinent sur un amphithéâtre de calcaire dolomitique qui accroche le soleil bas de l’hiver. Mais il existe aussi une piste sociale, plus feutrée, qui se déploie telle une lente glissade du lobby d’hôtel à l’aperitivo, du local à skis à la boutique, d’un tabouret laqué à une banquette drapée de fourrure. À l’approche des Jeux olympiques d’hiver Milano Cortina 2026 (du 6 au 22 février 2026), la station s’apprête à entrer en scène à sa manière, discrète et parfaitement maîtrisée.
Le chic de Cortina n’a jamais été tapageur. Ici, il ne s’agit pas d’exhiber des logos, mais d’affirmer une confiance silencieuse dans les matières et les atmosphères : le cachemire face au shearling, le loden classique face aux fibres techniques, un pull tricoté main sous une doudoune impeccablement coupée, la lueur d’une montre vintage au moment de serrer un gant. Cette retenue se retrouve dans l’art de vivre local. Les intérieurs les plus réussis ne cherchent pas à rivaliser avec la montagne ; ils dialoguent avec elle. Les cheminées de pierre ponctuent l’espace comme des signes géologiques. Le bois – clair, noueux, et sincère – adoucit le contour aiguisé des sommets. Les fenêtres sont pensées comme des cadres, découpant champs de neige et sapins foncés à la manière de photographies anciennes couleur sépia.
Par nature, les Jeux olympiques exigent clarté et précision : itinéraires, calendriers, systèmes. Or ce que Cortina maîtrise mieux que tout, c’est l’atmosphère. Les Jeux à venir ne la transforment pas : ils amplifient simplement ce qui fait déjà sa signature. Les voyageurs sensibles au design savent depuis longtemps que Cortina est autant une destination de salons que de pistes. L’hospitalité locale cultive un glamour alpin très particulier : éclairages chaleureux, assises profondes, textures que l’on lit du bout des doigts. Dans les plus beaux lieux, les références tyroliennes sont suggérées plutôt qu’appuyées : les motifs sculptés deviennent graphiques, les textiles folkloriques se déclinent dans des palettes duces, les anciens poêles en céramique se muent en sculptures domestiques. Le pin ancien côtoie le mobilier italien contemporain avec l’aisance d’une garde-robe parfaitement éditée. Nous sommes en Italie, après tout : patrie de l’objet juste, de la courbe pensée, de cette idée délicieuse selon laquelle la fonction doit savoir séduire.
Cette atmosphère singulière est aujourd’hui magnifiquement capturée dans La regina delle Dolomiti. Vivere a Cortina d’Ampezzo, publié par Marsilio Arte. Richement illustré, le livre dresse le portrait d’une Cortinaintime et exclusive, à travers ses intérieurs les plus raffinés et ses lieux emblématiques ; une ode visuelle à une station qui excelle dans l’art de vivre avec élégance, la montagne pour décor et pour co-auteur. Cette élégance habitée explique aussi pourquoi Cortina attire depuis toujours la bonne société italienne et les milieux créatifs : ceux qui recherchent la discrétion sans l’isolement, la beauté sans l’ennui. De nombreuses personnalités italiennes y possèdent une maison, revenant chaque année pour ce subtil équilibre entre retrait et visibilité que seule cette station peut offrir. Parmi elles, Osanna Visconti, dont l’univers rappelle que le glamour de Cortina ne se contente pas de se porter : il se fabrique. Sa maison, présentée dans l’ouvrage, évoque un conte moderne : un intérieur alpin intime et stratifié, éclairé à la bougie, pensé avec l’œil d’une collectionneuse et l’instinct d’une amoureuse de la beauté.
Dans les chalets chargés d’histoire de Cortina, le style s’affranchit volontiers des clichés alpins d’un autre temps : exit les trophées et bois de cerf. Ici, tout est affaire de tactilité et de proportions : un canapé dans lequel on s’abandonne après le ski, des tissus indulgents face à la neige fondue, une liseuse qui transforme le crépuscule en moment choisi. Les meilleurs chalets élèvent l’usage au rang de luxe : chauffe-chaussures, ski-rooms dignes de petits spas, banquettes placées exactement là où la conversation naît. Et toujours, invariablement : le foyer. À Cortina, la cheminée n’est pas un détail décoratif ; c’est un principe d’organisation, un point d’ancrage social, la raison pour laquelle on s’attarde.
Le rapport de la ville à la culture est tout aussi stratifié. Cortina est cinématographique – parfois au sens littéral, comme lorsque Cliffhanger de Sylvester Stallone fut tourné sur ces sommets spectaculaires -, parfois de manière plus émotionnelle. Elle conserve pourtant cette légère distance critique qui la maintient résolument contemporaine. Ernest Hemingway y séjourna, y écrivit (sa nouvelle Out of Season s’y déroule), et le mythe Cortina-Hemingway persiste, transmis comme une monnaie locale. L’une des anecdotes les plus souvent répétées : la conception de son fils Jack à Cortina. Fait réel ou ragot culturel ? Peu importe : cela correspond parfaitement à la capacité de la station à transformer une simple semaine d’hiver en légende.
Aujourd’hui, alors que les projecteurs se tournent vers elle, la double identité de Cortina – sportive et mondaine – vibre avec une intensité nouvelle. Mais la station n’a jamais eu besoin d’un prétexte pour se mettre en beauté. Les Jeux offrent simplement un récit, un compte à rebours qui rend chaque aperitivo plus savoureux, chaque assiette de canederli plus mémorable, chaque lobby d’hôtel un peu plus pensé.
À ceux qui prévoient d’assister aux Jeux et qui aiment le beau, il faut savoir observer les détails qui distinguent l’excellence : la patine d’une poignée en bronze, la densité d’un plaid en laine, la manière dont une peinture ancienne ou une photographie en noir et blanc vient tempérer la douceur du cocon montagnard. Les palettes restent souvent proches de la nature, laissant à un coussin rouge vif ou à un plateau laqué le soin de ponctuer l’espace. À Cortina, les montagnes élèvent la voix ; les intérieurs murmurent. Et c’est peut-être là que réside tout le charme : une forme d’indulgence douce, où le luxe se fait intime et exhale un parfum de feu de bois.
La station de montagne la plus élégante d’Italie se prépare aux Jeux olympiques d’hiver. Plongée dans ce village charmant des Dolomites, et quelques idées de mobilier pour les plus beaux chalets.

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