Dès l’origine, Frieze a affirmé une ambition qui dépasse largement la seule sphère du marché. La foire s’est imposée comme un espace de réflexion critique, où artistes, chercheurs et penseurs se retrouvaient à Regent’s Park, à Londres, pour interroger les résonances sociales et culturelles de l’art contemporain. Cet ADN demeure, même si Frieze est aujourd’hui devenue l’une des foires les plus influentes au monde, avec des éditions organisées dans des capitales culturelles majeures — Londres, New York, Los Angeles ou Séoul. Cette année encore, Frieze Los Angeles investit l’aéroport de Santa Monica et réunit près d’une centaine de galeries internationales, aux côtés d’un ensemble particulièrement solide de galeries californiennes et américaines. Fidèle à son ancrage local, la foire poursuit son exploration de Los Angeles comme sujet autant que comme territoire, à travers des œuvres de grande échelle pensées en résonance avec l’étendue de la ville, sa lumière si particulière et son métissage culturel. La section Focus met en avant des galeries émergentes grâce à des présentations solo et en duo d’une grande exigence curatoriale, tandis que Frieze Projects déploie performances et œuvres dans l’espace public, au-delà des tentes de la foire — notamment le rituel quotidien d’Amanda Ross-Ho, poussant une Terre gonflable monumentale à travers les champs voisins. Tables rondes et programmes curatoriaux prolongent ces réflexions autour de la matérialité, du lieu et de l’identité, confirmant Frieze LA comme un espace de dialogue entre circulation internationale et enracinement local.
Pendant cette semaine d’art, Invisible Collection présente Home Abroad, une résidence d’un an conçue pour Phillips à West Hollywood. À travers une succession d’expositions de mobilier de collection, réunissant des créations choisies pour dialoguer étroitement avec les œuvres présentées par Phillips, Invisible Collection resserre les liens entre art et design, tout en faisant rayonner sur la côte Ouest son esthétique française. Ici, l’attention se déplace du spectaculaire vers l’atmosphère, au plus près de l’énergie culturelle et de la diversité de Los Angeles. Dans ce contexte, Phillips présente Beachers, une série de peintures de l’artiste cubain Diango Hernández, proposées via la plateforme Dropshop de la maison. Le titre fait référence au terme playeros, qui à Cuba exprime un lien profond et durable à la plage. À travers des motifs récurrents de vagues et de distorsions, les œuvres abordent l’eau comme métaphore de la mémoire, du mouvement et de la contemplation : la plage cesse d’être un décor pour devenir un lieu pleinement habité. En parallèle, une sélection de pièces majeures issues de Natural History sera présentée, rassemblant des fossiles rares datant de 12 à 180 millions d’années, parmi lesquels un ensemble historique de météorites, ainsi qu’à la toute première météorite supposée provenir de Mercure.
Dans cet environnement chargé de couleurs et d’émotions, traversé par des matériaux littéralement venus d’ailleurs, les créations d’Invisible Collection s’inscrivent comme des points d’ancrage sensibles, établissant des correspondances discrètes mais essentielles. Rééditions emblématiques de Pierre Chareau, œuvres en plâtre de Stephen Antonson, assises signées Garcé Dimofski, ainsi que d’autres meubles iconiques des designers stars d’Invisible Collection composent une atmosphère à la fois vivante et décontractée, fidèle à l’esprit californien.
Tout au long de l’année, une rotation de créations réalisées dans les meilleurs ateliers français et européens sera présentée, renforçant le lien d’Invisible Collection avec son public de la côte Ouest – designers, architectes, collectionneurs et passionnés de design. « Nous avons nommé cette résidence Home Abroad parce que les États-Unis ont toujours été pour nous une seconde maison : un territoire porté par une communauté vaste et engagée de collectionneurs et d’amateurs de design, qui comprennent profondément l’ADN d’Invisible Collection », explique la cofondatrice Isabelle Dubern-Mallevays.