La vision Droulers

Journal Interviews La vision Droulers

Virginie et Nathalie Droulers, fondatrices du studio d’architecture et de design éponyme, évoquent leur travail à quelques semaines de leur première exposition dans notre galerie new-yorkaise.

On ne présente plus Virginie et Nathalie Droulers. Leur signature tient d’une alchimie délicate entre histoire, culture et fantasia. Qu’il s’agisse d’une demeure en Suisse ou d’un superyacht sillonnant la Méditerranée, elles déploient un langage esthétique comme une rêverie de matières et de temps, empreinte de l’héritage de Ponti, Portaluppi et Mongiardino, et nourrie des souvenirs de leur enfance à la Villa d’Este, le tout exprimé avec un sens inné de la décoration à la française. 

A quelques semaines de la présentation de leur mobilier chez Invisible Collection à New York, elles nous livrent quelques réflexions sur leur travail et leur vision.  

Comment vos sensibilités respectives pour les intérieurs sont-elles nées ? Et comment avez-vous décidé de travailler ensemble ? 

Nous avons tout appris à la Villa d’Este. Cet hôtel emblématique du lac de Côme, qui a appartenu à notre famille, a été façonné par notre grand-mère puis par notre mère, qui en a orchestré les intérieurs, contribuant à en faire l’un des symboles de la dolce vita. Nous avons grandi entourées de tissus merveilleux et de meubles façonnées à la main, choisis avec une exigence infinie. Notre mère, Roberta, nous a transmis sa passion pour l’architecture intérieure et son regard en perpétuelle quête de beauté. C’est là que nos racines s’ancrent. Nous avons pourtant choisi, dans un premier temps, des parcours distincts dans les métiers de la création : Virginie a étudié le graphisme à la Parsons School of Design à New York, où elle a commencé sa carrière, tandis que Nathalie s’est formée à l’architecture au Politecnico di Milano. A nos débuts, nous avons toutes deux vécu et travaillé à New York. C’est en revenant en Europe, à Milan, que l’idée de réunir nos compétences s’est imposée, presque naturellement. Nous avons fondé notre studio et compris immédiatement que travailler ensemble nous rendait plus fortes. Qui mieux qu’une sœur jumelle pour vous accompagner ? L’équilibre ne s’est pas construit sans effort, mais nous avons trouvé une harmonie, tant dans la répartition des rôles que dans l’organisation du travail. 

Comment débute généralement un projet ? Avez-vous une méthode ? Qu’est-ce qui vous inspire ? 

Nous avons des personnalités affirmées, et les projets naissent souvent de regards différents. Nathalie s’attache d’abord à définir les volumes et la lumière, tandis que Virginie se projette dans les intérieurs et les détails. L’inspiration naît toujours d’un dialogue approfondi avec nos clients, puis du lieu lui-même : ses couleurs, sa lumière, son atmosphère. En bonnes jumelles, nous partons souvent de visions opposées avant de trouver un terrain commun. Nous élaborons un moodboard partagé, nourri par un échange constant. Nous accordons une attention presque obsessionnelle aux détails. Parfois, tout commence par un élément infime ; parfois, par une œuvre de très grand format. 

  

Comment définiriez-vous votre style ? 

Notre style est une rencontre entre passé et présent. Il s’est formé entre l’architecture rationaliste de Côme, le classicisme de la Villa d’Este, et l’influence des grands maîtres milanais, tels que Gio Ponti ou Portaluppi. Nous aimons mêler les cultures, associer une certaine idée de la décoration à la française à un regard curieux tourné vers l’Orient, expérimenter et oser lorsque cela fait sens. Notre esthétique évolue en permanence, mais nous cherchons toujours à créer des espaces intemporels, en équilibre entre le classique et le contemporain. 

Quels sont, selon vous, les enjeux majeurs auxquels sont confrontés les architectes d’intérieur aujourd’hui ? 

Nous travaillons en grande partie avec des artisans et concevons du mobilier sur mesure. Or, les savoir-faire d’exception tendent malheureusement à disparaître peu à peu. Leur préservation constituera, à nos yeux, un enjeu majeur dans les années à venir. 

Quelle est votre partie préférée dans un projet ? Et la plus exigeante ? 

Nous aimons particulièrement le défi des débuts. Il s’agit d’entrer en résonance avec un lieu, d’écouter la lumière, de comprendre les murs. Chaque espace possède une énergie propre, et il est essentiel de savoir l’entendre. La plupart du temps, nos clients nous sont fidèles, mais il arrive aussi que nous rencontrions de nouveaux interlocuteurs, qu’il faut apprendre à découvrir. Cela représente toujours un défi stimulant. Beaucoup viennent à nous par le bouche-à-oreille. Il nous faut alors interpréter leurs désirs, comprendre leurs besoins, et proposer des solutions à la fois justes, concrètes, et en accord avec notre langage, ainsi qu’avec les contraintes du lieu. 

À découvrir très prochainement : leur nouvelle collection, disponible en exclusivité chez Invisible Collection. 

Virginie et Nathalie Droulers, fondatrices du studio d’architecture et de design éponyme, évoquent leur travail à quelques semaines de leur première exposition dans notre galerie new-yorkaise.

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