Invisible Collection et Féau Boiseries présentent Period Rooms of the Future, une exposition où des ensembles décoratifs inédits, conçus à l’apogée de l’Art déco, servent d’écrin au mobilier d’Invisible Collection. Boiseries rares, bureaux, bibliothèques, réalisés pour les collectionneurs et mécènes de leur époque, sont dévoilés dans toute leur splendeur d’origine et associés à la création contemporaine. Preuve de la continuité culturelle entre les années 1920 et le design d’aujourd’hui, un lien fort qu’Invisible Collection tisse depuis sa création. Fruit d’un long travail, Period Rooms of the Future s’inscrit dans le cadre des célébrations du centenaire de l’Art déco, en écho à la grande exposition du MAD. Les visiteurs pourront percevoir les liens entre les archives présentées au musée et les décors uniques mis en scène chez Féau Boiseries. Loin d’un voyage nostalgique, l’exposition propose un regard renouvelé sur les fondations de notre sensibilité contemporaine et sur l’idéal du beau, l’alliance du rare et du sublime. Alors que la modernité et le rationalisme des années 1920 prônaient des méthodes de production industrielles, les maîtres de l’époque restaient attachés aux idéaux d’un artisanat d’exception et à une vision de la beauté née de l’union intime entre savoir-faire et design ; un esprit que Period Rooms of the Future prolonge et réinterprète.
Choisi avec soin dans les archives et les collections privées de Féau Boiseries, chaque décor constitue un véritable trésor, rarement, voire jamais dévoilé, commandé par des mécènes et esthètes emblématiques de la courte mais intense période Art déco. Telle une promenade dans le temps, la visite offre un aperçu vivant de l’art de vivre parisien : le fumoir conçu par Maurice Dufrêne pour la demeure de David David-Weill, chef-d’œuvre d’ébène, de nacre et de bronze ; la boiserie complète des bureaux de la famille de magnats du pétrole Nahmias, réalisée par Emilio Terry ; les panneaux finement ciselés de la salle à manger de Jeanne Lanvin ; ou encore les bibliothèques en palissandre et bronze dessinées par Ruhlmann pour la résidence du fondateur de L’Oréal, Eugène Schueller. Chacun de ces ensembles raconte l’histoire d’une personnalité du Paris de cette époque, nous faisant entrer dans l’intimité d’autant d’intérieurs d’exception. Mais Period Rooms of the Future n’est pas tourné vers le passé : ces décors renaissent à travers le prisme de la décoration contemporaine, donnant corps à une nouvelle idée du luxe moderne et à l’esthétique singulière portée par Invisible Collection.
Un jeu de correspondances délicates s’instaure entre les décors des années 1920 et le mobilier des années 2020, dans une mise en scène imaginée en collaboration avec Biehler & Graveleine, comme une invitation à pénétrer dans la demeure d’un esthète de la café society du XXIᵉ siècle. Dans le fumoir de Dufrêne, les tout derniers fauteuils signés Léo Sentou ; dans la salle à manger, décorée de panneaux en bois rares d’Emilio Terry, une table et des chaises élégantes de Jacques Doucet ; dans le grand salon Ruhlmann, le monumental lit Teddy de Charles Zana — une création unique dont la tête de lit est entièrement brodée par Lesage Intérieurs. Face à un rare paravent représentant des ours polaires, œuvre du maître laqueur Louis Midavaine, trône un large fauteuil Spontini, habillé pour l’occasion d’un doux mohair blanc Dedar. Ou encore, dans un petit espace évoquant un cabinet de curiosités, la réédition de la chaise Avenue d’Antin dessinée par Paul Poiret x Fassen, clin d’œil direct à l’exposition consacrée au grand couturier présentée au MAD. Deux nouveaux canapés de Léo Sentou dialoguent avec les tables basses et d’appoint de Louise Liljencrantz, dans un grand salon mêlant panneaux et sculptures d’époques diverses. Les boiseries en orme de Michel Roux-Spitz s’ornent d’une réinterprétation contemporaine d’un canapé issu des archives de Maison Leleu. Enfin, les objets d’art choisis spécialement par L’Œil de KO ponctuent l’ensemble, renforçant cette atmosphère d’intimité feutrée d’une demeure privée.
Singulière tant par sa forme que par son propos, Period Rooms of the Future célèbre le lien indéfectible entre savoir-faire et création : la vision des maîtres du passé réinventée dans un langage contemporain par les talents d’aujourd’hui, qui, à leur tour, façonnent l’avenir. Passé, présent et avenir n’ont jamais été autant en harmonie.