Une journée au XVIIIᵉ siècle : chronique d’un hôtel particulier — Musée des Arts décoratifs, Paris
On pénètre ici dans une maison aristocratique parisienne des années 1780 comme dans une journée qui recommence. Plus de cinq cents objets composent ce parcours sensible où l’histoire se lit dans les gestes autant que dans les décors. Du lever aux salons du soir, les espaces se succèdent, accompagnés de paysages sonores discrets, révélant la vie visible, et celle, plus silencieuse, du travail invisible sur lequel reposait l’élégance de l’Ancien Régime.
Jusqu’au 5 juillet 2026 — 107 Rue de Rivoli, 75001 Paris
La mode au XVIIIᵉ siècle : héritages en partage — Palais Galliera, Paris
La mode n’est jamais seulement affaire de silhouettes : elle est langage, projection, mémoire. L’exposition met en regard vêtements historiques et réinterprétations contemporaines, de Vivienne Westwood à Jean-Paul Gaultier, révélant combien le XVIIIᵉ siècle demeure une matrice active pour penser la représentation de soi. Une traversée subtile, où l’histoire devient conversation.
Jusqu’au 12 juillet 2026 — 10 Avenue Pierre 1er de Serbie, 75116 Paris
Domaine du Champ de Bataille — Jacques Garcia, Normandy
On raconte qu’enfant, Jacques Garcia visita le domaine et décida qu’il serait architecte. Des décennies plus tard, il y revient en maître des lieux pour lui donner une nouvelle vie, entre restitution savante et théâtre assumé. Intérieurs fastueux, perspectives majestueuses, jardins recomposés : tout ici relève d’un XVIIIᵉ siècle rêvé autant que reconstruit, comme si l’histoire acceptait de se laisser réécrire par le regard contemporain. Un lieu rare pour qui s’intéresse à la permanence des styles.
Ouverture saisonnière (printemps–automne)
www.chateauduchampdebataille.com
DASH — Cao Fei — Fondazione Prada, Milan
Dans l’architecture précise de Rem Koolhaas, Cao Fei déploie une installation dense et stratifiée consacrée aux mutations technologiques des territoires ruraux. Films, archives et réalité virtuelle composent un récit attentif aux circulations invisibles, du travail, des images, des paysages transformés.
Une exposition qui introduit une tension féconde entre mémoire sociale et futur incertain.
À partir du 9 avril 2026 — Largo Isarco 2, 20139 Milan
Belongings: Affection as a Design Strategy — Designmuseum Danmark, Copenhagen
Et si le design commençait par l’attachement ? L’exposition explore la relation intime que nous entretenons avec les objets durables, ceux qui accompagnent plutôt qu’ils ne remplacent.
À travers installations interactives et récits sensibles, elle propose une alternative discrète mais déterminée aux logiques consuméristes : un design fondé sur la durée, la mémoire et le soin.
Jusqu’au 31 mai 2026 — Bredgade 68 1260 Copenhagen
Noguchi’s New York — Noguchi Museum, New York
Isamu Noguchi affirmait ne pas être designer. C’est pourtant dans cet espace indiscipliné entre sculpture, architecture et mobilier que son œuvre prend toute sa force.
L’exposition montre combien New York fut pour lui un territoire d’hybridation fertile, où se forgea une pensée du design comme pratique libre, transversale, presque philosophique.
Jusqu’au 13 septembre 2026 — 901 33rd Rd, Astoria, NY 11106
Prix Pritzker 2026: Smiljan Radić
Le jury du prix Pritzker distingue cette année Smiljan Radić, dont l’architecture préfère la fragilité à l’emphase, la matière au geste spectaculaire, le paysage à la monumentalité. Ses projets, souvent de dimension contenue, semblent chercher moins à s’imposer qu’à dialoguer. Une posture rare aujourd’hui.
Deux ouvrages permettent d’approcher son travail :
Smiljan Radić: Houses (2G n° 83)
Quatorze maisons, trois décennies de recherche, une relation constante au territoire et aux matériaux.
El Croquis 232: Smiljan Radić 2019–2025
Une lecture plus large de ses projets récents, accompagnée d’essais critiques qui éclairent l’évolution de sa pratique.
Bonus Track
Pour prolonger ce détour par le XVIIIᵉ siècle, on repense à la manière dont Michael Hedges présentait Ragamuffin : « voilà sans doute à quoi ressemblerait une fête de quartier au XVIIIᵉ siècle ».
Le morceau, extrait de Aerial Boundaries, conserve aujourd’hui intacte cette impression d’étrangeté familière, une virtuosité discrète, presque suspendue.
Windham Hill Records (1984)
Écoutez ici