In Minor Keys — 61e Exposition internationale d’art, La Biennale di Venezia, Venise
Les « Jeux olympiques du monde de l’art », pour la représentation nationale autant que pour l’endurance requise pour traverser I Giardini et Le Corderie dell’Arsenale, prennent cette année une tonalité singulière. In Minor Keys, conçue par Koyo Kouoh avant sa disparition, est aujourd’hui réalisée dans la fidélité à sa vision. Moins de spectaculaire, plus de nuances. À mesure que le monde se fait plus menaçant et bruyant, surgissent histoires marginales, résistances feutrées, pratiques de l’ombre. Plus qu’une thèse, une invitation : ralentir, regarder, écouter autrement.
9 mai – 22 novembre 2026
Michael Armitage / Lorna Simpson / Paulo Nazareth — Palazzo Grassi & Punta della Dogana, Venise
Chez Pinault, comme toujours, le contrepoint. Armitage à Palazzo Grassi : peinture stratifiée, mémoire politique en tension. Simpson à Punta della Dogana : retour magistral, plus de dix ans de peinture, une boucle qui se referme depuis 1990 quand elle fut l’une des premières femme noires américaines invitées à la Biennale. Nazareth, enfin, et ses vingt ans d’errance : mouvement, histoire, déplacement. Trois écritures, une même question : que fait une image, aujourd’hui ?
29 mars – 22 novembre 2026
Fondazione Dries Van Noten: The Only True Protest Is Beauty — Palazzo Pisani Moretta, Venise
Les fondamente n’en demandaient pas tant – et pourtant. Dries Van Noten s’installe, avec son compagnon Patrick Vangheluwe, dans le Palazzo Pisani Moretta. Une fondation, oui, mais surtout une déclaration : penser avec les mains. The Only True Protest Is Beauty (emprunté au chanteur engagé Phil Ochs) s’organise en cabinet de curiosités contemporain. Plus de 200 pièces : couture, verre, céramique, bijoux, objets indisciplinés. Une beauté étrange, presque désarçonnante. Rien de moins, de la part d’un collectionneur aussi cérébral.
25 avril – 4 octobre 2026
Peggy Guggenheim in London: The Making of a Collector — Peggy Guggenheim Collection, Venise
Oublier Venise, revenir à Londres. Guggenheim Jeune, la première galerie d’art de Peggy, entre 1938–39. Un moment fragile, où tout bascule. Ici, le goût se forme : intuitions, correspondances, amitiés, prises de risque. Avant le canon, avant la légende. Une exposition précise, et étrangement intime.
25 avril – 19 octobre 2026
Sèvres : une passion Rothschild — Mobilier national, Paris
Le regard se perd, littéralement. Sèvres vu par les Rothschild : vases, services, objets, tous passés par des intérieurs privés européens. La collection comme pouvoir : héritage, diplomatie, circulation. La scénographie enfonce le clou : reconstitutions, archives, mise en scène du goût. La porcelaine devient langage. Et obsession. ( le Mobilier national est partenaire d’Invisible Collection)
17 avril – 26 juillet 2026
Collection of Jean & Terry de Gunzburg: Design Masters — Sotheby’s, New York
96 millions de dollars. Quinze miroirs de Claude Lalanne pour Yves Saint Laurent et Pierre Bergé : 33,5 millions à eux seuls. Au-delà des chiffres, une confirmation : le design du XXe siècle joue désormais dans la même cour que l’art. Quand le goût – sûr, persistant, presque obsessionnel – prend le pas sur la tendance.
La collection d’art des de Gunzburg sera dispersée en mai, pendant TEFAF.
TEFAF New York — Park Avenue Armory, New York
Plus compacte que Maastricht, plus habitée aussi. Ici, les stands deviennent pièces, les pièces deviennent intérieurs. 90 galeries, du moderne à l’antique, du design au bijou. Ce qui séduit ? Les dialogues inattendus.
15–19 mai 2026
Costume Art — The Costume Institute, The Metropolitan Museum of Art, New York
La mode n’est pas périphérique : elle est au cœur. Costume Art le rappelle en faisant dialoguer vêtements et œuvres du Met. Le corps, toujours : proportions, posture, surface. Et cette mise à jour bienvenue – des mannequins plus divers, enfin. Qui a le droit d’être vu ? La question reste ouverte.
10 mai 2026 – 10 janvier 2027
The Devil Wears Prada 2 — réalisé par David Frankel
Impossible de résister. Miranda Priestly revient avec ses Emily interchangeables. Une éternité depuis le premier opus. Aujourd’hui : réseaux sociaux, frénésie, fin du print. Et surtout, plus personne ne meurt de faim pour la mode : Ozempic est passé par là. Meryl Streep, Anne Hathaway, Emily Blunt, Stanley Tucci… même casting, autre époque. Révolutionnaire, comme les fleurs au printemps…
En salles le 1er mai 2026
Queen Elizabeth II: Her Life in Style — The King’s Gallery, Buckingham Palace, Londres
La mode, encore – version monarchique. Plus de 300 pièces. Des couleurs pensées pour être vues, comprises, photographiées. Jaunes, bleus : un code diplomatique. Le vêtement comme langage. Le mystère, lui, reste entier : que contenait son sac ?
Jusqu’au 18 octobre 2026
Cento lettere — Gio Ponti
À Milan, au Salone, le nom revient toujours. Ponti, ou l’art de tout faire. Architecture, édition, céramique. Et puis ce livre, Cento lettere. Correspondances dessinées, entre écriture et ornement. Un objet discret, presque secret. Épuisé, rare. À chercher – patiemment – sur le marché des bibliophiles.
Feeling Home — Virginie & Nathalie Droulers (Rizzoli)
Deux sœurs, une signature. Des intérieurs parmi les plus sophistiqués du moment. Feeling Home pourrait être un beau livre de plus ; il ne l’est pas. Page après page, une matière, une lumière, une atmosphère. Une élégance habitée.
(Collezione Droulers est disponible chez Invisible Collection et présentée à New York)
bonus track
44 % des nouveaux morceaux sur Deezer sont générés par l’IA. De quoi ralentir. Écouter vraiment. Un album, en entier. Et se souvenir qu’aucune machine – pas encore – ne peut écrire comme Prince. Let’s go crazy : écoutons, vraiment, chaque morceau qu’il a écrit.