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Sybold van Ravesteyn (1889-1983), ingénieur civil diplômé en 1912 de l’École polytechnique de Delft, débute sa carrière au sein des Staatsspoorwegen, la société nationale de chemins de fer néerlandais. Installé à partir de 1918 à Utrecht dans le centre des Pays Bas, il assiste d’abord l’architecte George W. van Heukelom pour la conception et la réalisation des bureaux principaux de cette entreprise (actuellement monument national, De Inktpot).
Parallèlement à son travail d’architecte, il dessine ses premiers meubles et intérieurs dont la réalisation est confiée à l’atelier de l’ébéniste Gerrit Th. Rietveld à Utrecht. Très engagé dans la vie culturelle locale et nationale, Van Ravesteyn fréquente architectes, artistes, écrivains et cinéastes d’avant-garde, néerlandais et internationaux. Auteur, il signe diverses publications spécialisées témoignant d’une connaissance approfondie de l’histoire de l’art et de l’architecture contemporaine.
C’est dans ce contexte fécond qu’émerge sa modernité, perceptible aussi bien dans sa conception du mobilier, des luminaires, de la typographie, que dans son importante œuvre architecturale sauvegardée : plusieurs gares néerlandaises, sa propre maison à Utrecht, le zoo Diergaarde Blijdorp à Rotterdam, ainsi que des aménagements intérieurs du théâtre Kunstmin à Dordrecht et du Yacht Royal Piet Hein.
En 1925, Sybold van Ravesteyn présente certains de ses meubles à l’Exposition Internationale des Arts Décoratifs et Industriels Modernes de Paris. Une chaise noire et blanche fait partie de l’ensemble de mobilier pour une chambre à coucher, destinée à la maison du mécène et bibliophile néerlandais René Radermacher Schorer à Utrecht. L’asymétrie de ces meubles est surprenante dans le contexte des productions de l’entre-deux-guerres en France, connues sous le terme d’Art Deco.
Son style se caractérise par un raffinement formel et une expressivité singulière. Il sera remarqué à Paris en 1925 par Marie-Laure et Charles de Noailles pour lesquels il conçoit une chambre pour leur villa moderniste, réalisée à partir des plans de l’architecte Robert Mallet-Stevens, à Hyères. Sa chaise noire et blanche, dessinée en décembre 1924, attire également l’attention de la designer irlandaise Eileen Gray qui l’expose dans sa galerie parisienne Jean Désert.
Près d’un demi-siècle plus tard, Andrée Putman décide de l’intégrer au catalogue ECART.