Car l’âme du festival, c’est aussi cette villa aux cubes blanchis, lignes tendues et creux silencieux, dessinée par Robert Mallet-Stevens pour les mécènes Charles et Marie-Laure de Noailles. Ici, le design se vit autant dans les objets que dans l’architecture, la lumière, les ombres qui glissent. En déambulant entre salons, escaliers et terrasses, les visiteurs effleurent les frontières entre galerie et paysage. Les oliviers cadrent la vue sur les toits lointains, tandis qu’à l’intérieur, les œuvres dialoguent avec les photos d’archives et les géométries du Bauhaus. Un coup de cœur cette année : une installation délicatement orchestrée par la
Galerie MCDE, en hommage à
Pierre Chareau. Figure majeure de l’avant-garde,
Chareau avait été invité par les Noailles à participer au langage décoratif de la villa. Certaines idées, devenues iconiques dans sa Maison de Verre parisienne, ont d’abord vu le jour ici, dans cette “maison de vacances intéressante à habiter”, selon les mots de Charles de Noailles. Pièce phare : une méridienne suspendue, à mi-chemin entre manifeste moderniste et revendication hédoniste. La
Galerie MCDE, gardienne de l’héritage
Chareau, réédite aujourd’hui ses pièces essentielles, et les ramène symboliquement chez elles, à Hyères. La Design Parade Hyères 2025 continue tout l’été. Et pour celles et ceux qui croient que le design est avant tout affaire d’atmosphères, de récits et de lumière, il n’y a pas de meilleur endroit pour se laisser inspirer.