Parcours
Né à Grenade en 1871, Mariano Fortuny y Madrazo grandit dans un environnement artistique particulièrement raffiné, marqué par la figure de son père, le célèbre peintre Mariano Fortuny y Marsal. Après la disparition prématurée de ce dernier, la famille part pour Paris avant de s’installer définitevement à Venise en 1889. Fortuny y développe une fascination durable pour l’art, les savoir-faire anciens et l’univers du théâtre. Nourri par les cercles intellectuels et artistiques gravitant autour de sa mère, ainsi que par la découverte de l’univers wagnérien à Bayreuth, il adhère très tôt à l’idéal du Gesamtkunstwerk, l’œuvre d’art totale, réunissant plusieurs disciplines au sein d’une même vision créative.
Style
Véritable créateur aux mille talents, Fortuny réunit les qualités d’artiste, d’inventeur, d’artisan et d’ingénieur. Son œuvre se distingue par une maîtrise subtile de la couleur, de la lumière, des matières et des transparences, que l’on retrouve aussi bien dans la peinture, la gravure, la photographie, le textile, la mode, l’éclairage ou la scénographie. Depuis son atelier du Palazzo Pesaro-Orfei à Venise, il développe un langage esthétique singulier, nourri de références historiques mais résolument moderne dans son exécution. Ses tissus et vêtements, notamment ses célèbres soies plissées, témoignent d’un dialogue constant entre recherche technique et élégance intemporelle.
Coups de coeur
Inventeur et créateur prolifique, Fortuny dépose plusieurs brevets pour des systèmes novateurs d’éclairage indirect et de coupoles scéniques, installés dès le début du XXe siècle dans de grands théâtres européens. En 1907, il lance ses ateliers d’impression textile, avant d’ouvrir une manufacture sur la Giudecca puis une boutique parisienne boulevard Haussmann en 1919. Ses tissus, luminaires, meubles et créations de mode deviennent rapidement synonymes d’un luxe raffiné. Après la Première Guerre mondiale, il s’impose comme l’un des décorateurs les plus recherchés des élites internationales, réalisant des intérieurs pour Consuelo Vanderbilt ou Marie-Laure de Noailles, tout en poursuivant jusqu’aux années 1930 ses recherches en scénographie et installations théâtrales.